PAKISTAN2/2012

Construction d’une maison pour les Sœurs du Bon Berger à Quett


Depuis 1948, la province du Baloutchistan est le théâtre d’un conflit sanglant entre le gouvernement pakistanais et les rebelles qui se battent pour l’autonomie de la province. Il y a des voies des chemins de fer et des canalisations de gaz qui explosent, et des missiles sont tirés du haut des montagnes. Les rebelles exigent que le Baloutchistan devienne indépendant. On dit qu’ils sont soutenus par les talibans afghans. Les meurtres et les enlèvements sont à l’ordre du jour, et il y a de véritables nettoyages ethniques dans les régions frontalières. La province s’étend sur presque la moitié du territoire de l’État pakistanais.

Avec ses 347.188 kilomètres carrés, le vicariat apostolique de Quetta, qui s’étend sur la province du Baloutchistan, est presque aussi grand que l’Allemagne. Cependant, la région est également la zone la moins densément peuplée du pays. Tout juste huit millions de personnes y vivent, dont environ 30.000 catholiques. La moitié des catholiques vivent à Quetta, capitale provinciale qui comte 900.000 habitants. Le reste est éparpillé sur tout le territoire.

A Quetta, il y a des points de contrôle partout, et on ne peut se rendre dans certains quartiers qu’avec une autorisation spéciale qu’il faut demander plusieurs jours à l’avance. Même l’évêque ne peut pas aller partout et ne cesse d’être contrôlé. La cathédrale, qui est consacrée à Notre-Dame du Rosaire, se situe dans un quartier militarisé pour lequel il faut une autorisation spéciale. De nombreux fidèles ne peuvent donc pas y aller à la messe. Même Mgr. Victor Gnanapragasam a besoin d’une autorisation quand il veut aller à la cathédrale. Il doit à chaque fois téléphoner aux autorités et demander un permis. Aux points de contrôle, il est sans cesse arrêté et contrôlé par les forces de sécurité.

Malgré les mesures de sécurité, personne n’est en sécurité au Baloutchistan. Tout le monde a peur. Et pourtant, l’Église fait ici tout ce qu’Elle peut. La foi est très vivante, et les gens ne se laissent pas décourager d’aller à la messe ni de participer à la vie de l’Église. « Les fidèles sont très fortement liés à l’Église, et offrent leur aide où que ce soit. Et cela, bien qu’ils soient eux-mêmes pauvres », se réjouit le Père Andrzej Halemba, responsable de projet compétent de « l’Aide à l’Église en Détresse » qui a récemment rendu visite aux catholiques de Quetta.

En juin 2006, trois Sœurs du Bon Berger sont venues à Quetta à la demande de l’évêque pour s’y occuper des jeunes filles et des femmes qui sont délaissées dans la société pakistanaise. Les prêtres et les catéchètes de sexe masculin ne peuvent pas s’occuper des femmes, car au Pakistan les hommes et les femmes vivent toujours séparément et ne peuvent guère avoir de contacts ensemble à l’extérieur de la famille. La présence des sœurs est donc nécessaire pour que les femmes et les jeunes filles puissent effectivement être accompagnées pastoralement. Cette prise en charge est justement particulièrement importante dans une situation tendue dans laquelle les gens ont chaque jour peur pour leur vie.

Les sœurs ont d’abord été hébergées provisoirement dans une maison en torchis qui avait déjà plus de 60 ans et qui avait constamment besoin de travaux de rénovation pour rester véritablement habitable. Cela coûte beaucoup d’argent, et il n’est désormais vraiment plus possible de maintenant encore cette maison en état. C’est pourquoi Mgr. Gnanapragasam demande de l’aide à « l’Aide à l’Église en Détresse ». Nous lui avons promis 23.000 Euros.

Code : 328-05-19

PAKISTAN2/2012_297