Uruguay 06/2018

Des honoraires de messe pour 18 prêtres âgées et malades dans une maison de retraite pour prêtres âgés à Montevideo


Presque personne n’a saisi le sens du sacerdoce en des termes aussi vifs que Saint Jean-Marie Vianney, le fameux curé d’Ars : «  Si nous n’avions pas le sacrement de l’ordre, nous n’aurions pas Notre Seigneur. Qui est-ce qui l’a mis là, dans le tabernacle ? Le prêtre. Qui est-ce qui a reçu notre âme à son entrée dans la vie ? Le prêtre. Qui la nourrit pour lui donner la force de faire son pèlerinage ? Le prêtre. Qui la préparera à paraître devant Dieu, en lavant cette âme pour la dernière fois dans le sang de Jésus-Christ ? Le prêtre, toujours le prêtre ».

Au cours de l’Eucharistie, plus de 400.000 prêtres transforment le pain et le vin en Corps et Sang du Christ. Certains d’entre eux sont déjà vieux et malades et peuvent à peine lever la main avec le calice. Pourtant, ils célèbrent fidèlement et inlassablement le sacrifice du Christ, comme par exemple ces 18 prêtres âgés et malades d’une maison de retraite pour prêtres âgés à Montevideo, en Uruguay.

En Uruguay, l’Église a une influence beaucoup plus faible sur la société que dans les autres pays latino-américains. Seulement une bonne moitié des habitants se déclare catholique, et la religiosité a été confinée à la sphère privée. L’avant dernier pays d’Amérique latine par la taille a derrière lui un long passé de laïcité. Ce processus a débuté dès le milieu du 19e siècle. L’ordre des Jésuites a ainsi été expulsé du pays en 1859, et les cimetières ont été nationalisés douze ans plus tard. Il y a toujours eu des provocations de la part des cercles libéraux anticléricaux. Par exemple, des soirées barbecue gratuites ont été organisées le Vendredi Saint, la population y étant invitée. En 1917, la Constitution a consacré la stricte séparation entre l’État et l’Église. En Uruguay, il n’y a pas de jours fériés chrétiens officiels. Ainsi trouve-t-on dans le calendrier le « jour de la famille » à la place de Noël, et la « semaine du tourisme » à la place de la semaine sainte et de Pâques. À bien des égards, la législation contredit également la doctrine de l’Église catholique.

Beaucoup de prêtres en Uruguay n’ont que le minimum vital pour vivre, surtout quand ils sont vieux et malades. Les 18 prêtres âgés de la maison de retraite pour prêtres âgés de Montevideo ont servi fidèlement Dieu et l’Église pendant toute leur vie. Maintenant qu’ils sont arrivés à la fin de leur vie, ils sont censés recevoir amour et gratitude pour tout ce qu’ils ont fait. C’est pourquoi nous aimerions les aider par des honoraires de messe. Ils célèbrent alors la messe aux intentions de nos bienfaiteurs et reçoivent pour cela une petite somme qui leur permet de soutenir financièrement le foyer où ils sont hébergés par l’Église, et de subvenir à leurs besoins personnels, tels que les médicaments. Notre aide total s’élève à 14.580 euros, de sorte que chacun des anciens prêtres reçoive des honoraires de messe de 67,50 euros par mois. Nous pouvons ainsi prouver notre amour et notre gratitude à ces prêtres âgés.

Code: 238-04-masses

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