Sierra Leone 02/2018

Des manuels pour le petit séminaire du diocèse de Makeni


La Sierra Leone vient à peine de sortir d’une crise de longue durée. À ce jour, les conséquences de la guerre civile (1991 à 2002) ne sont que trop douloureusement perceptibles. Pendant la guerre civile, la moitié de la population avait fui, des milliers de personnes avaient été tuées. On voit encore aujourd’hui des gens auxquels les rebelles du « Front Révolutionnaire Uni » ont coupé une main ou un bras. Beaucoup d’enfants sont nés de viols et trainent en étant sans défense. Des gens ont été expulsés, de nombreuses écoles ont été détruites. La pauvreté, le chômage et la corruption caractérisent la réalité de ce pays d’Afrique de l’Ouest, qui est l’un des plus pauvres au monde. À cela s’ajoutent des catastrophes naturelles graves et répétées, ainsi que l’épidémie dévastatrice d’Ebola de 2014.

Bien qu’environ 70% de la population de Sierra Leone soit musulmane, l’Église catholique est très respectée, principalement parce qu’elle tient de nombreuses écoles et aide les gens de façon désintéressée, indépendamment de leur appartenance religieuse. Cette aide est vraiment d’une urgente nécessité. Néanmoins, il est clair pour l’Église de Sierra Leone qu’Elle ne doit pas négliger la dimension spirituelle. C’est pourquoi Elle fait de très gros efforts pour encourager les vocations et bien former les futurs prêtres.

Dans le diocèse de Makeni, qui s’étend sur une vaste superficie de 36.000 kilomètres carrés mais ne compte que 25 paroisses, l’Église catholique tient un « petit séminaire », c’est à dire l’étape préalable au séminaire. Il s’agit d’une école où vont les jeunes qui se sentent appelés à la prêtrise. En plus de la formation scolaire, ils sont initiés à la vie spirituelle. Cela inclut la messe quotidienne, la prière des heures, la prière personnelle et l’accompagnement spirituel. Chaque mois, il y a une retraite, et à la fin de chaque semestre, les garçons prennent part à des retraites spirituelles. « La formation spirituelle est le cœur de la formation », dit le recteur du séminaire, le Père Peter S. Kanu. Par ailleurs, les aspects psychologiques et socioculturels sont également pris en compte, car toute la personne doit être impliquée dans la formation sacerdotale. « Nos séminaristes sont formés pour l’Église locale et pour l’Église universelle », ajoute-t-il.

Beaucoup des prêtres du diocèse, qui sont actuellement 40, sont passés par le petit séminaire quand ils étaient adolescents, et heureusement il y a chaque année une voire plusieurs ordinations sacerdotales à Makeni. C’est le fruit d’une pastorale des vocations renforcée. « Nous passons un certain temps à parler des vocations dans les paroisses et les écoles. Nous croyons que cet engagement attise dans le cœur des garçons le désir de donner leur vie à Dieu », relate le recteur.

Mais maintenant, la crise mondiale nuit également au séminaire de ce pays d’une si grande pauvreté. Les prix augmentent presque quotidiennement et il est difficile de subvenir aux besoins du séminaire. Il faut surtout des manuels et des Bibles. Nous aimerions aider le séminaire, à hauteur de 2.650 euros, à s’acheter les livres nécessaires.

Code: 147-49-07

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