Guatemala 04/2018

Un véhicule pour une paroisse éloignée

Trois prêtres de la Congrégation du Cœur Immaculé de Marie s’occupent de la paroisse « El Calvario », de Cobàn. L’église paroissiale se situe certes à proximité du centre-ville, mais la paroisse s’étend sur une vaste zone montagneuse de 2.000 kilomètres carrés. Les prêtres doivent s’occuper de 117 communes. Les défis sont grands : les distances sont importantes et les parcours sont effectués sur des routes parfois en mauvais état. La nord de la région est devenu dangereux en raison du trafic de drogue et du crime organisé, et les trois quarts des habitants vivent dans une pauvreté souvent grande. La majorité de la population appartient à l’ethnie indigène des Kekchis (également dénommés q’eqchis). Ce n’est que dans les années 1960 et 1970 qu’une route a été construite pour atteindre cette région. De nos jours, les kekchis vivent en marge de la société.

Pendant la guerre civile de 1968 à 1996, de nombreuses familles ont été touchées par des enlèvements et la torture, ou ont perdu leurs proches. Beaucoup d’enfants sont devenus orphelins. « Les blessures de cette période ne sont toujours pas guéries », dit le Père Charitable Derisseau, qui vient lui-même d’Haïti. « Les veuves, les orphelins et les survivants de ce conflit, vivent jusqu’à présent dans notre paroisse ». Le Père Derisseau a quitté sa patrie, qui est le pays le plus pauvre de l’hémisphère occidental, pour consacrer sa vie aux pauvres du Guatemala. Au sein de l’Église, on voit ainsi les pauvres s’entraider d’une manière impressionnante.

L’Église catholique prend particulièrement soin des kakchis. « Ils forment la majorité de la population de notre paroisse et sont particulièrement pauvres et marginalisés », poursuit le père. Certaines localités ne sont accessibles qu’à pied. Les prêtres doivent ensuite finir le trajet en pataugeant dans la boue. « Nous visitons habituellement 10 paroisses en cinq jours. Parfois, nous devons marcher pendant des heures pour aller d’un village à l’autre. Bien que marcher dans la boue soit très épuisant et fasse transpirer, nous avons la joie d’être accueillis de manière festive », dit le prêtre. Les fidèles se réjouissent qu’un prêtre leur rende visite, leur administre les sacrements et les aide de leurs conseils. Cependant, la plupart des localités ne sont accessibles que par des chemins boueux en très mauvais état, et il faut un véhicule à quatre roues motrices pour pouvoir résister aux trous profonds qu’il y a sur ces routes.

Pour les sentiers qui peuvent être parcourus avec un véhicule, les pères disposent d’une vieille voiture, mais elle cause de plus en plus de problèmes. Ils demandent donc de l’aide afin de pouvoir s’acheter un nouveau véhicule adapté au terrain. Nous leur avons promis 15.000 euros.  

Code: 219-01-29

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